


Depuis vingt ans, Andrew Barber est procureur adjoint du comté de Massachusetts. Admiré par ses pairs pour sa combativité au tribunal, respecté de la communauté, il est aussi un père de famille heureux, veillant sur sa femme Laurie et leur fils Jacob. Quand un crime atroce secoue la quiétude de sa petite ville, c’est la foudre qui s’abat sur lui : son fils de 14 ans est accusé du meurtre d’un camarade de classe. Andrew ne peut croire à la culpabilité de Jacob et va tout mettre en oeuvre pour prouver son innocence. Mais à mesure que les indices à charge s’accumulent et que le procès approche, certaines révélations surgies du passé sèment le doute et menacent de détruire son mariage, sa réputation et sa foi en la justice. Le dos au mur, Andrew devra faire face au pire dilemme de sa vie : choisir entre la loyauté et la vérité pour défendre cet adolescent qu’il connaît si mal.

Maison d’édition : Michel Lafon
Date de sortie : 11 octobre 2012
Nombre de pages : 445
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La première chose qui m’a attiré dans ce livre, c’est sans conteste la couverture. Je ne sais pas expliquer pourquoi, mais le regard de l’ado présent sur la couverture m’a intriguée de par sa profondeur et son côté provocateur, presque sombre… Un regard pénétrant qui fait vraiment contraste avec la sobriété et la noirceur du reste de la couverture.
Bref, étant une « faible » de ce point de vue, rien que cela m’a fait craquer…

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Ce qui est assez contradictoire, c’est qu’alors que j’ai adoré le livre, j’ai passé un temps dingue à le lire, puisque j’y ai passé quand même plus de dix jours…
Le style m’a vraiment beaucoup plu… une narration à la première personne, il n’y a pas à dire, j’aime ça… ça permet au lecteur de bien s’impliquer dans l’histoire, de se sentir concerné… et de ce point de vue, je dois dire que la plume de l’auteur fonctionne à merveille… On ne peut que ressentir ce que ressent le père de Jacob, comprendre ce qu’il fait, ce qu’il pense, ce qu’il devine et ce à quoi il est prêt pour son enfant.
La manière de s’exprimer dans le livre est riche, sensée, posée et recherchée. On est dans le vocabulaire « policier » et juridique, et c’est vraiment bien exploité pour être « sérieux » sans être barbant et noyer le lecteur des termes indigestes. Tout est savamment dosé. Une belle réussite.
Une chose que j’ai aimé dans le récit, ce sont les références à des livres, films, ou personnages existants. Cela renforce d’avantage la crédibilité de l’histoire et du coup, cela accroche encore plus le lecteur… en tous cas, c’est l’effet que cela a eu sur moi, car j’avais quelque chose de « réel », à quoi me raccrocher… la véracité des faits devenait alors plus plausible et plus accrocheuse.
J’ai aimé aussi le fait que la longueur des chapitres soit assez aléatoire. au moins, ça met un rythme non linéaire au récit, et ça j’ai apprécié, même si ce n’est qu’un détail.

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L’histoire en elle-même est bien construite… on sent que l’auteur sait de quoi il parle, sait où il veut emmener le lecteur, et comment il veut le détourner de tout ce qu’il pourrait croire avoir compris avant la fin de l’histoire. Une fin qui, soit dit en passant, même si elle est parfois un peu prévisible, reste malgré tout des plus surprenantes et tragique, faisant l’effet d’une bombe.
Bref… revenons à nos moutons…
Dès les premières lignes et les premières pages, le décor est planté, on entre dans le vif du sujet et les infos nous éclatent à la figure… ça commence fort… pour ne jamais s’arrêter…
Le récit, par certains passages (nombreux en ce qui me concerne), prend aux tripes, retourne le cœur et serre la gorge… je n’ai pu m’empêcher de me mettre à la place de ces parents, de comprends leur hargne, leur détresse, leur peine, voire leurs doutes en tous genres… et c’est une grande force du roman.
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Les personnages en sont une autre… ils sont, tous autant qu’ils sont, à double tranchant… ils ne sont pas tout blancs ou tout noirs, ils ne sont pas les bons ou les mauvais… ils sont crédibles, ils ont chacun en eux une zone d’ombre, une part de sombre qui vient semer le trouble, énerver, dérouter, bref, qui permet à l’auteur de jouer avec le lecteur.
Jacob, c’est le personnage que l’on peut difficilement cerner durant tout le déroulement du procès… on le découvre à mi-chemin entre l’enfant torturé par les autres, rabaissé, malmené, et le rebelle qui n’a peur de rien… On nous le présente tour à tour comme une victime et comme un bourreau… selon le point de vue par lequel il est abordé.
Ce qui est surprenant, c’est qu’au final, ce n’est pas lui qui est le plus mis en avant dans l’histoire, alors qu’il en est le sujet principal. Il fait presque office de personnage secondaire… Il est là, mais n’est pas aussi exploité que je l’aurais aimé malgré tout. J’adore la psychologie et la psychiatrie, et j’aurais aimé en savoir un peu plus sur ce qui se passe dans sa tête, mieux le comprendre, et en apprendre plus sur sa personnalité profonde. On en parle certes pendant plusieurs chapitres, mais … j’en voulais encore 🙂
Andy Barber, le père de Jacob, est lui aussi mis à mal… il passe du statut de procureur adjoint bien sous tout rapport à celui de « flic véreux », vu comme la malhonnêteté incarnée.
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Au final, ce livre ne laisse pas indemne… il donne pas mal à réfléchir, à analyser, à décanter… Il montre les ravages en tous genres que peut avoir ce genre d’affaire sur la vie d’une famille, mais pas que, car c’est toute une ville qui se retrouvait en émoi.
Familles disloquées et brisées, amitiés fracturées de manière irrémédiable, carrières professionnelles qui volent en éclat, rien n’est à l’abri de ce genre de drame. Cela touche tout, et tout le monde, et laisse des traces.
Pour pouvoir appréhender ce livre, il est impératif de se poser des questions, de s’interroger sur la situation au sens large. Et pour répondre à ces questions, il est essentiel d’être parent soi-même… car on en peut pas s’imaginer, autrement, jusqu’où on serait prêt à aller pour défendre notre propre enfant. En effet, dans la plupart des cas de « choix crucial » où la vie d’un enfant – de son enfant – sera en jeu, la réponse sera différente selon si vous êtes vous-mêmes parents ou pas, la plupart du temps. Parce que les choses prises en considération seront souvent différentes.
Aimer son enfant, est-ce le défendre envers et contre tout? Où est la limite à poser dans la défense de son enfant? Et si un jour le doute s’installe, est-ce qu’il faut continuer à le défendre ou le mettre face à ses propres actes? Jusqu’où peut être faire confiance à son propre enfant? Est-on en mesure de voir au delà de son amour de parents?
Ce livre nous montre aussi que les apparences sont parfois – souvent – trompeuses… dans un sens comme dans un autre… Ben Rifkin, la victime, est aux yeux de tous un enfant sans histoire… Mais Jacob aussi, aux yeux de tous, est un enfant sans histoire… Alors qu’en est-il?
Je ne peux que vous conseiller ce livre… c’est une bombe !
A noter également qu’il existe une série télé, sortie en 2020 et adaptée du roman. Je vous mets la bande annonce ci-contre…







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